Les cours sont donnés par le petit confucianiste Xinming

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Les cours sont donnés par le petit confucianiste Xinming. Originaire du Yunnan, Chine, doctorat de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), le petit confucianiste Xinming prétendait qu'il était le successeur du confucianisme pratique, et pour cette confession il avait écrit les Livres de Datong en chinois, comme un essai de confiance. À Paris, pour déchiffrer "Zhou Yi", lequel est dit être le plus difficile livre, il communiquait spirituellement souvent avec Confucius, en obtenant un succès le plus fier de lui-même. Avec les connaissances de Yi-Jing, il comprend par cœur la signification du but confucianiste établi par les anciens Saints confucéens : montrer le cœur de l’Univers, donner la vie saine aux hommes de la Terre, et succéder au savoir unique, chercher la Paix éternelle. Alors il jure sincèrement au ciel qu'il pratique ce but jusqu'à mort.

mercredi 18 juillet 2012

Conte I : Légende de la grippe aviaire

    Il était une fois, dans le deux mille sixième printemps après la naissance de Jésus, un petit confucianiste qui apparut dans un café de Paris. 
    En face de lui, une grande personne était en train de lire des journaux. 
    - Bonjour, dit poliment le petit confucianiste. 
    - Bonjour, fit la grande personne occupée à lire, sans même lever la tête. 
    - Quelles sont les nouvelles ? dit le petit confucianiste qui essaya d’engager la conversation. 
    - Oh là là, le monde tourne mal ! dit la grande personne. Voyons, la grippe aviaire a déjà franchi la frontière européenne. Une pandémie nous menace. Que voulez-vous que je vous dise ! Au revoir mes poulets et mes œufs…» 

    La grande personne leva soudain la tête et dit avec sérieux : 
    «Êtes-vous déjà vacciné ? 
    - Non. Pour quoi faire ? » 
    Le petit confucianiste parut perplexe. 
    « Ah, vous allez mourir, mon petit.» 
    Et pour adoucir son propos, la grande personne lui dit gentiment : «Mais bien sûr, vous ne serez pas seul à mourir.» 
    Elle expliqua, en secouant son journal : «L’expert a dit qu’environ cinquante pour cent de la population de la Terre sera touchée dans cette pandémie de grippe aviaire, et parmi elle, cent cinquante millions mourront. 
    - Cent cinquante de quoi ? Le petit confucianiste pensait toujours aux poulets. 
    - Cent cinquante millions de personnes, précisa la grande personne. Mais… bien sûr, si l’efficacité des moyens mis en place pour y faire face le permet, c’est à dire, par exemple, la vaccination, ce chiffre descendrait à cinq millions. 
    - Plus terrible que la deuxième guerre mondiale ? 
    - Plus mortelle que la deuxième guerre mondiale. L’expert a dit que toutes les conditions préalables à cette pandémie de grippe aviaire chez l’homme ont maintenant été réunies, sauf une : l’établissement d’une transmission entre les humains par le redoutable H5N1 du poulet. Il a déjà touché des hommes et en a tué quelques-uns en Asie. Et s’il s’adapte à l’homme par mutations génétiques, alors, la catastrophe commencera.»

    Après une pause, la grande personne ajouta : «J’ai toujours suivi les informations et, selon l'appréciation des experts, si une personne contaminée par la grippe humaine contractait la grippe aviaire, alors un croisement génétique entre ces deux virus pourrait aboutir à l’apparition d’un nouveau type de virus susceptible de se transmettre d’homme à homme. C’est ça, la source de la désolation dévastatrice.» 
    La grande personne soupira, puis poursuivit : «Que faire devant cette tendance irréversible ? Nous avons tué des millions et des millions de poulets, mais le virus H5N1 inéluctablement avance ». 
    - Les poulets sont des victimes innocentes, dit timidement le petit confucianiste. 
    - L’homme doit se défendre devant une menace, même au prix de vies innocentes ! répliqua dramatiquement la grande personne. 
    Après un moment de silence mélancolique, elle murmura : «L’homme est si faible ! Devant la menace des poulets qui ont les virus H5N1, que peut-il faire ?… L’expert a donné un conseil : la seule chose que nous pouvons faire entre amis, c’est se serrer les coudes... » 
    Elle agita tristement plusieurs fois son coude et continua : « … mais pas très fort. Et il est déconseillé de s’embrasser, et de se serrer la main, en raison du risque de contamination… 
    - Pardonnez-moi, dit le petit confucianiste en essayant de couper la parole à la grande personne. J’ai l’impression que certains attrapent les virus grippaux, même s'ils ne serrent jamais la main d’un contaminateur, contrairement aux autres qui le font, sans pour autant contracter les virus. » 
    - Bien sûr. Tout dépend de l’immunité de l’homme. Si elle est faible, les êtres humains peuvent être fortement contagieux, et si elle est nulle, ils mourront. 
    - Et l’expert savait qu’il y a cent cinquante millions de personnes dont l’immunité est nulle ? 
    - Oui… on peut dire ça… Et alors ?» La grande personne n’aima pas cette question. 
    «Ça, c’est drôle, dit le petit confucianiste, puisque cent cinquante millions de personnes vont mourir en raison de l’immunité nulle, pourquoi attendent-ils la mutation génétique du virus H5N1 du poulet pour les exécuter ? » 
    Il s’arrêta un instant puis redit doucement, comme pour se dire à lui-même : «Ça me fait rire ! Comme un conte de fée, ce monde ne me montre pas à son phénomène naturel. » 
    La grande personne entrevit aussitôt une lueur dans le mystère de la parole du petit confucianiste, elle l’interrogea brusquement : «Vous voulez donc dire que,… les virus existants suffisent à éteindre le feu de ces pauvres âmes, …puisque leur immunité est nulle… et… que… l’histoire du virus H5N1 chez les volailles … n’est rien d’autre qu’une fantaisie ?» 
    Le petit confucianiste ne lui répondit pas tout de suite. 

    Après un silence méditatif, il dit : «Depuis toujours, les virus ne cherchent pas les hommes sains, et les gens qui perdent leur immunité évoquent les virus pour mourir. Ça, c’est une loi naturelle. Quel que soit l’expert qui nomme ou non un virus, ça ne change en rien cette nature ; et que le virus soit classé ou non par un numéro, ça ne modifie pas sa virulence non plus. Si, vraiment, il y avait cent cinquante millions de personnes qui avaient perdu leur immunité, c’est à dire qui étaient vouées à la mort, alors, même si l’on anéantissait tous les poulets du monde, ces personnes ne seraient pas sauvées, car elles pourraient être attaquées par d’autres types de virus. Et si autant de gens ne perdaient point leur immunité, même après que le virus aviaire H5N1 ait réalisé sa mutation génétique pour se transférer d’homme à homme, ça ne produirait même pas une pandémie, pour la simple raison que la virulence d’un virus ne remporte jamais l’immunité humaine. En plus, la mutation génétique du virus n’est pas une chose qui apparaît depuis que la science l’a baptisé ou numéroté, elle est un phénomène naturel qui a lieu depuis toujours… Et depuis toujours, des poules n’ont jamais menacé la vie de l’homme dans l’histoire humaine. Maintenant, tout le monde devient drôle… depuis qu’un virus de poule se rend célèbre après qu’on l’ait numéroté …» 
    Le petit confucianiste voulait dire que ce serait absurde de prédire une certaine mutation du virus chez les volailles pour déclarer une calamité humaine. 
    Enfin il se tut afin de ne pas irriter la grande personne. 

    La grande personne se sentit bernée, mais elle ne savait pas pourquoi et par qui. Elle l’interrogea ex abrupto : 
    «Qui êtes-vous ? 
    - Je suis un petit confucianiste. 
    - Ah, vous venez de loin ! Vous allez avoir beaucoup de choses à apprendre, mon petit.» 
    La grande personne est toujours une grande personne. Elle se montra indulgente devant l’offense du petit confucianiste. 
    «D'accord, dit le petit confucianiste. 
    - Vous avez des idées curieuses. Je veux bien discuter de choses sérieuses avec vous.» 
    Elle ressentit un grand soulagement à ce moment-là. Et «Hem ! se dit-elle en souriant, les poulets sont toujours beaux !» 
    Le petit confucianiste sourit aussi. 
    Il pensa : “J’aime bien le coq, la marque Gauloise !”


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