Les cours sont donnés par le petit confucianiste Xinming

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Les cours sont donnés par le petit confucianiste Xinming. Originaire du Yunnan, Chine, doctorat de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), le petit confucianiste Xinming prétendait qu'il était le successeur du confucianisme pratique, et pour cette confession il avait écrit les Livres de Datong en chinois, comme un essai de confiance. À Paris, pour déchiffrer "Zhou Yi", lequel est dit être le plus difficile livre, il communiquait spirituellement souvent avec Confucius, en obtenant un succès le plus fier de lui-même. Avec les connaissances de Yi-Jing, il comprend par cœur la signification du but confucianiste établi par les anciens Saints confucéens : montrer le cœur de l’Univers, donner la vie saine aux hommes de la Terre, et succéder au savoir unique, chercher la Paix éternelle. Alors il jure sincèrement au ciel qu'il pratique ce but jusqu'à mort.

mardi 25 septembre 2012

Conte VII: La terre se manifeste carrée à l’humanité


    Ce fut alors que le petit confucianiste fit son explication, simple comme toujours, pour les photos de la Terre :
    « Si un homme voulait prendre ces photos, il lui faudrait quitter la Terre. En d’autres termes, il faudrait mettre d’abord la Terre dans le ciel, et puis, le photographe pourrait prendre ces photos. »
    Ensuite, il demanda à la Grande Personne : 
    « Avez-vous fait attention à ce fait là ? Quand un individu quitte la Terre, la nature de la Terre change pour lui. C’est à dire qu'elle n’est plus la terre pour cette personne, elle ne soutient plus sa vie, et ne le protège plus. A ce moment là, la Terre, pour cet homme, devient un corps céleste ordinaire, une planète sur son orbite. Dès lors, elle se manifeste sous une forme sphérique, comme un magnifique globe bleu suspendu dans le vide. Alors, on prend les photos comme ça. Mais ces photos ne montrent pas la terre, elle n’illustrent qu'une étoile, bien qu'on l’appelle la planète Terre, qui n'a rien à voir avec la terre, qui ne représente que les attributs du corps céleste, comme une partie du Ciel,  une planète comme les autres.
    - Pour prendre ces photos, l’homme n’a pas besoin de quitter la Terre. Il peut utiliser des outils comme les satellites artificiels,» répliqua la Grande Personne, qui essayait de trouver le point faible du raisonnement du petit confucianiste, pour l’attaquer.
    « Mais… C’est de la triche ! »
    Le petit confucianiste rougit. Il se sentit blessé par cette ruse.
    En reprenant son calme, il dit doucement :
    «Afin que l’homme puisse prendre ces photos sans que ses pieds ne quittent la Terre, il lui faudrait posséder le pouvoir d’allonger son cou jusqu'à la lune, soit environ trois cent quatre vingt mille kilomètres de long. Là-bas, se trouve le meilleur point de vue pour photographier la Terre. Mais ce pouvoir, je ne le possède pas, et je crois que vous non plus. »
    La Grande Personne toucha délicatement son cou, tout en restant bouche bée.
    Et le petit confucianiste continua :
    « Mais si l’on utilise des outils comme des satellites artificiels pour faire croire que l’homme possède déjà ce pouvoir, c’est franchement une tricherie. En effet, cela ne nous donne qu'une illusion qui ferait enfler la vanité de l’homme, comme un champignon.
    - Comme quoi ?
    - Comme un champignon, répéta le petit confucianiste. Ce champignon crée une confusion des informations entre le Ciel et la Terre : les satellites artificiels transmettent des informations provenant du ciel en haut, et les hommes les confondent avec celles de la terre en bas… 
    - Mais non ! Rien n’est confondu, mon petit. » La Grande Personne essaya de le consoler.
    Et elle lui dit en souriant : « Vous devez me croire, je suis honnête. Je ne triche pas ! Mais je pense que maintenant j’ai compris votre idée. Lorsque vous dites que le Ciel est rond, c’est en effet pour dire que les corps célestes sont de forme ronde, n’est-ce pas ? 
    - C’est ça ! » fit le petit confucianiste d’un air réconforté. Il se sentit enfin compris.
    - Mais il n’y a pas de mystère ! Pourquoi ne dites-vous pas directement que les corps célestes sont de forme ronde ? Cela rendrait vos idées moins difficiles à comprendre.
    - Pardonnez-moi…. Mais oui ! il n’y a pas de mystère...  Je pense que c’est déjà clair. En effet…»
    Tout à coup, le petit confucianiste ne sut plus quoi répondre.

    En effet, la Grande Personne n’avait pas bien compris ce qu'il avait dit. Elle avait entendu les mots « le ciel est rond », mais elle pensait à autre chose, sans saisir le sens. 
    «Ce malentendu provient probablement de la langue, pensa le petit confucianiste.»
    C’est vrai qu'il existe ici une certaine difficulté à propos de la langue française. Par exemple, la notion de « Ciel ». Pour le confucianiste, son sens est évident, il désigne le grand vide avec ses différents types de décorations : les corps célestes et les nébuleuses. Il est si clair à comprendre, sans besoin d’autres explications. Mais en français, ce terme n’est plus si évident. Voyons, il existe même la forme plurielle : « Cieux » ! Cela donne une certaine fantaisie aux hommes de telle façon qu'ils peuvent imaginer que chacun peut posséder son propre ciel ! Avec cette illusion dont on a pris l'habitude, bien sûr, s’il n’y a pas d’explication précise, la Grande Personne peut penser librement à un autre ciel. Nous comprenons maintenant pourquoi, quelquefois, les deux hommes pouvaient penser différemment même s’ils utilisaient le même mot.
    Mais le petit confucianiste savait que cela ne serait pas un obstacle insurmontable pour la présentation de la théorie confucianiste en français. « Cela peut être comme une aventure, pensa-t-il, pour rendre claire une connaissance jamais être claire en français. » 
    Et comme il n’avait avec lui ni camarade, ni maître, il se préparait à essayer de réussir, tout seul, ce tâtonnement difficile. En tout cas, il avait le courage de le faire.
    Et il se dit en lui-même : « C’est une question de vie ou de mort pour sauver le confucianisme. »
    Bien sûr, nous comprenons la mélancolie du petit confucianiste, car cette école était en voie de disparition.
    Lorsqu'il reprit son courage, il continua son explication :
    « C’est donc que, pour les confucianistes, le terme Ciel est composé d’au moins deux choses : l’espace et ses corps célestes. C’est comme ça que le Ciel devient parfait. »
    Évidemment, si le confucianiste dit que le Ciel est rond, c’est à cause du corps céleste qui crève les yeux ! La raison est simple : que ce soit rond ou carré, il ne s’agit là que de forme. Mais l’espace est un vide qui ne montre rien aux yeux de l’homme. Ni rond ni carré, il n’existe pas de forme pour le vide. Alors, si quelque chose s’est manifesté par certaines configurations dans l’espace, il ne s’agit sans doute que de matières ou bien, de corps célestes. Ils sont soit carrés, soit ronds, pour qu'ils puissent former un modèle cosmologique dans lequel l’homme se trouve au milieu. 

    L’explication du petit confucianiste toucha profondément la Grande Personne. Elle l’interrogea aussitôt :
    « J’ai l’impression, mon petit, que vous êtes en train de raisonner comme si la Terre était tantôt ronde, tantôt carrée. Dès que nous mettons la Terre dans le Ciel comme une planète, elle se montre à nous sous une forme ronde; et quand on la remet sous nos pieds, elle perd son caractère rond, et montre une forme de carré aux hommes. La pauvre Terre peut changer de forme selon la position de l’homme, comme un objet de magicien, n’est-ce pas cela, votre idée ? 
    - Oui, c’est bien ça. » Le petit confucianiste fut très étonné de l’intelligence de la Grande Personne.
    « Ah, dites-moi, petit, si, par exemple, on remonte le temps à deux millions d’années, au temps où l’homme n'existait pas, mais la Terre et le Soleil étaient déjà là, à votre avis, quelles formes avaient-ils à ce moment là ? »
    La Grande Personne essayait toujours de chercher le point faible chez le petit confucianiste afin de détruire sa théorie. Elle raisonnait en silence : « Puisque la forme de la Terre peut changer selon la position de l’homme, alors, quant l’homme n’existait pas, il ne prenait pas de position. Dans ce cas, la forme de la Terre était impérialement fixée. C’est bien ça ! Si la forme de la Terre est fixe, alors, la théorie confucianiste serait écrasée par mes propres mains ! »
    En se frottant les mains, elle se sentit stimulée par son idée.
    « Ce serait le temps du chaos ! » répondit simplement le petit confucianiste. Et puis il expliqua : « Puisque l’homme n’existe pas, alors la notion d’homme n’existe pas non plus, de même que la sensation de l’homme. A ce moment là, le Soleil et la Terre restent toujours pareils, mais ils se trouvent dans le chaos, ni rond ni carrés. Parce que le rond et le carré sont des notions humaines. Autrement dit, ils proviennent des sensations humaines.
    -  Voulez-vous dire que ces formes ne sont pas objectives ? »
    Le petit confucianiste ne répondit pas directement. Il prit une photo sur la table:
    « Vous voyez cette photo-là, c’est une photo du Soleil réalisée à bord du Skylab. Quelle forme voulez-vous donner à celui-ci ? On dirait comme un renard. »
    La grande personne regarda la photo curieusement.
    Et oui, sur la photo, le Soleil faisait apparaître son image telle un renard.

    Avec cette image, on pourrait rêver un conte de fée: avec une charrette solaire tirée par le renard solaire, on voyage dans les nuages. Ce serait fantastique ! 
    Cette fantaisie peut alors nous conduire à un raisonnement un peu trop philosophique : si la forme du Soleil peut être celle d’un renard, cela dépend de notre aptitude à acquérir un savoir. C’est à dire, lorsque la nature a octroyé une capacité spéciale aux yeux humains, qui permet à l’homme de posséder le pouvoir de voir la couronne solaire comme celle apparue sur la photo, dans ce cas, l’homme peut penser que le Soleil ressemble à un renard. A ce moment là, si quelqu'un estime que le Soleil est rond, il est ridicule. En revanche, si la nature avait attribué seulement à l’être humain la capacité de voir la forme ronde dans le Ciel, il serait ridicule de prétendre que le Soleil est semblable à un renard.
    Donc, cette attribution naturelle donne une définition de l’être humain. Dans laquelle, la raison de Ciel rond et la Terre carrée ne représente pas d’objets objectifs, mais se manifeste l’humanité, car elle se montre exactement la nature humaine.
     Par la définition du Ciel, l'être humain a la capacité de voir la forme ronde dans le ciel. De cette manière, tous les cors célestes apparaissent en petits points ronds étincelants dans les yeux humains, comme des sérénades, pour enchanter les couples amoureux à construire leurs bonheurs.
    Si un jour, cette nature change de telle façon que, par exemple, l’œil humain obtienne une capacité semblable à celle d'un télescope de l’espace, quelque chose de terrible arrivera : dans l’œil humain, tous les petits points ronds qui scintillent les signes de bonheur dans le Ciel nocturne changeraient en toutes sortes de galaxies, exactement comme les images apparues dans les photos que les astronomes actuels nous montrent. Ce serait un cauchemar!
    Dans ce cas là, je crains que les humains ne soient plus humains, car ils auront perdu leur humanité.
    Ils seront, peut-être, des robots… ?
    …Des hommes transgéniques… ?
    Ou bien… ?
    Je ne sais plus comment dire…

    « Heureusement, dit le petit confucianiste, cette nature n’a pas encore changé, l'homme a encore le temps de garder son humanité, dans laquelle la connaissance du ciel rond et de la Terre carrée est bonne, nous pouvons la maintenir pour garder l'humanité. »



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