Les cours sont donnés par le petit confucianiste Xinming

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Les cours sont donnés par le petit confucianiste Xinming. Originaire du Yunnan, Chine, doctorat de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), le petit confucianiste Xinming prétendait qu'il était le successeur du confucianisme pratique, et pour cette confession il avait écrit les Livres de Datong en chinois, comme un essai de confiance. À Paris, pour déchiffrer "Zhou Yi", lequel est dit être le plus difficile livre, il communiquait spirituellement souvent avec Confucius, en obtenant un succès le plus fier de lui-même. Avec les connaissances de Yi-Jing, il comprend par cœur la signification du but confucianiste établi par les anciens Saints confucéens : montrer le cœur de l’Univers, donner la vie saine aux hommes de la Terre, et succéder au savoir unique, chercher la Paix éternelle. Alors il jure sincèrement au ciel qu'il pratique ce but jusqu'à mort.

mardi 15 janvier 2013

Conte VIII : Différence entre l’extérieur et l’intérieur

    Maintenant, les deux hommes étaient très amis, et la Grande Personne était toujours aussi étonnée par la théorie confucianiste. 
    « Vraiment, pensa-t-elle, le confucianisme est une très jolie théorie. »
    Elle se rappela une phrase prononcée par une certaine personne à un certain moment de sa vie : « C’est véritablement utile puisque c’est joli. » Mais elle était incapable de se souvenir de cette personne.
    Elle dit au petit confucianiste :
    « Ta philosophie est belle. Je veux bien en savoir plus.
    -  Que veux-tu savoir ?
    - Je veux savoir comment trouver la vérité, tel le raisonnement que tu as fait pour déclarer que la Terre se manifeste carrée à l'humanité. Ça me plaît beaucoup, vois-tu. »
    En possédant la faculté de distinguer le réel de l’irréel, pensa-t-elle, le vrai et le faux, ce sera quand même quelque chose de très sérieux. 
    Ça tombait bien. Ce que la Grande Personne désirait connaître, c’est exactement le premier devoir de l’école confucianiste : « l’analyse d’un objet ». Il s'appelle Gewu en chinois.
    Ce fut donc pour cette raison que le petit confucianiste lui proposa : « Trouver la vérité, ce n’est pas quelque chose de très difficile. Commençons par analyser un objet.
    -  C’est une très bonne idée ! 
    -  Mais avant tout, nous devons être au courant de la règle du jeu à respecter
    -  Laquelle ?
    - Il ne faut pas utiliser le moyen de l’abstraction pour analyser un objet ».
    La réponse du petit confucianiste époustoufla la Grande Personne. 
    D'après ses connaissances, le degré d’abstraction de la pensée représentait le niveau d’une civilisation. On lui avait inculqué au cours de sa vie que, si les ethnies barbares étaient incultes, c’était parce qu’elles n’avaient pas la capacité d’abstraire les choses. Et maintenant, ce petit confucianiste révèle ce caractère sans dissimulation. Que dire de plus…
    « Mais c’est difficile de juger que le confucianiste serait comme le barbare, pensa-t-elle. Peut-être est-il particulier… On dirait qu’elle est vraiment singulière, cette école... Ce n’est pas facile de la cerner … Mais de toute façon, le problème de l’abstraction paraît peu important pour la connaître davantage. »
    A ce moment là, le petit confucianiste comprit que son ami rencontrait une certaine difficulté en entendant son propos. Il tenta de la résoudre :
    « L’abstraction est un moyen de produire des conceptions, n’est-ce pas ? Et puis, les conceptions ne servent qu’à la création ou à la spéculation, n’est-ce pas ? Alors, l'abstraction va trop loin pour servir à distinguer le réel et l’irréel, le vrai et le faux. C’est donc pour cette raison que nous devons éviter de mélanger le processus de l’abstraction avec celui de l’analyse concrète, car les deux chemins n’orientent jamais dans la même direction. Or, pour trouver la vérité, il serait sage de prendre le chemin de l’analyse des objets concrets, et d'esquiver le piège de l’abstraction des objets, …
    - D'accord ! D'accord ! » se hâta de dire la Grande Personne en coupant la parole du petit confucianiste. Maintenant, elle savait qu’elle allait démarrer une expédition de la pensée sur un sentier inexploré pour elle.
    « Je suis prêt à analyser un objet concret. Mais… quel objet ?
    - Ton vêtement, par exemple.
    - C’est une très bonne idée. Et comment l’analyser ?
    - Trouves-tu que ton vêtement est réel ?
    - Bien sûr ! Je sens qu’il est doux quand je le touche ; je vois qu’il est rouge quand je le regarde, et il garde ma chaleur quand je le porte.
    - Voilà, tu as bien défini ton vêtement par son extérieur, dit le petit confucianiste. Mai ce n’est pas suffisant pour prouver qu’il est réel, parce que cette définition ne s’applique qu’au phénomène, et non à la réponse du noumène. Ça manque d’une raison profonde. Donc, nous ne la tenons pas comme une réponse définitive. Pour l’obtenir, il faut trouver la racine du ciel de ton vêtement. C’est par cette racine que se compose la raison !
    - Ça alors, je veux bien, trouver la racine cosmique de mon vêtement ! Est-ce qu’il faut avoir un télescope spatial ?
    - Non ! On ne le cherche pas par l’extérieur. Au contraire, il faut entrer à l’intérieur de ton vêtement. »
    « Mais... il n’y a pas de mystère ! » se dit la Grande Personne avec l’air déçu.


    En effet, elle savait bien qu’il y ait une très grande différence entre la vue de l’extérieur et l’intérieur. Une expérience très personnelle lui avait fourni cette connaissance. A l’âge de six ans, dans l’intention de faire peur aux grandes personnes, elle réalisa une fois un dessin qui représentait, de l’extérieur, un boa qui avalait un éléphant. Mais les grandes personnes lui disaient toujours : « C’est un chapeau ». 


    Elle fut alors obligée de refaire son dessin, de l’intérieur, qui représentait le boa en train de digérer l’éléphant, afin que les grandes personnes puissent comprendre son idée. Mais elle n’avait pas réussi à trouver quelqu'un, chez les grandes personnes, qui lui paraissait assez lucide pour découvrir la vérité de ces dessins. Les grandes personnes la poussait plutôt à laisser de côté ses créations qui leurs faisait peur. Alors, pour se mettre à leur portée, elle commença à étudier la géographie, l’histoire, le calcul et la grammaire.


    Bien sûr, cette expérience dont elle se souvenait toujours n’était qu’un jeu d’enfant, mais elle était si importante dans sa vie pour comprendre la différence entre l’intérieur et l’extérieur. Alors, la proposition du petit confucianiste réveilla son souvenir d’enfance, cependant, elle n’avait encore jamais pensé que cela aurait abouti à la découverte de « la racine du Ciel » d’un objet.
    Elle dit, ravie:
    « D'accord. Entrons à l’intérieur du vêtement !»

    L’idée du petit confucianiste semblait peu poétique, mais un peu trop scientifique. Entrer dans le vêtement est simple : il suffit de changer la proportion entre l’homme et l’objet : soit qu’on se rapetisse, soit qu’on agrandit l’objet.
    « De cette manière, expliqua le petit confucianiste, on peut trouver la porte d’entrée d’un objet. »
    Les deux hommes décidèrent de se rétrécir. En le pensant, ils réussirent à le faire.
    Alors, ils tombèrent dans un monde particulier : le pays des fils textiles.
     Les fils textiles, solides comme de grands arbres, s’entrelaçaient en réseau, provoquant une très grande difficulté à se déplacer pour les deux hommes. Ils avançaient alors péniblement comme s'ils marchaient dans la jungle. Mais, sans oiseaux ni serpents, ce pays n’était vraiment pas très intéressant. S’y déplaisant rapidement, ils se hâtèrent de se rapetisser une nouvelle fois, pour trouver une autre porte sur un des fils textiles, puis y pénétrèrent.
    « Paf ! », le monde de fils textiles éclata, comme une bulle de savon, disparu en petites étoiles. Ils tombèrent alors dans le pays des celluloses. Les celluloses, nombreuses et présentes partout, étaient de forme allongée, un peu comme des vers de terre, assez dégoûtantes.
    Les amis, qui se sentaient inconfortables sur leur peau dans ce pays monotone, l’abandonnèrent à la sauvette, et entrèrent dans un nouveau monde.
    Le pays des celluloses finit en poussières, et fit place à celui des glucoses. On aurait dit que les glucoses étaient des choses mangeables, mais guère délicieuses. L’expert expliquait dans un livre que c’était parce qu’elles n’étaient que des sucres simples.
    Les amis n’en mangèrent point, et ils en laissèrent au diable, puisque celui-ci aime bien les choses dégoûtantes.
    Le voyage continua. Pendant ce temps, la Grande Personne commença à comprendre pourquoi le petit confucianiste lui avait conseillé de ne pas utiliser le moyen de l’abstraction.  « Mais bien sûr ! Si on abstrait les objets, on ne trouve plus la porte d’entrée. C’est là, la vérité ! » se dit la Grande Personne au cours de son voyage.
    Après que la bulle de savon du pays des glucoses eut éclaté, ils se glissèrent dans le monde des « atomes ». Ce monde était remplit de minuscules boules qui avaient toute une forme très semblable. Pour les distinguer, selon leur caractère spécifique, les experts appliquaient sur chaque atome une petite étiquette d’identification. Par exemple, sur une étiquette était noté : « Carbone : il n’est pas sous forme minérale parce qu’il n’a pas été cristallisé » ; là-bas, « Hydrogène : la petite boule la plus légère » ; une autre, « Oxygène : une petite boule huit fois moins légère que l'Hydrogène dans la comptabilité scientifique », etc.
    Malheureusement, dans ce pays de petites boules un peu entremêlées, le jeu de pétanque est interdit. Donc, il n’y avait rien d’autres pour enchanter les amis, et ils choisirent précipitamment un atome, celui de l'Hydrogène,  pour y entrer.
    « Ça alors ! »
    Les amis ne pouvaient s’empêcher de crier lorsqu'ils tombèrent dans ce pays extraordinaire. C’est un monde, on aurait dit, presque vide, que l'on l’appelle le pays des « particules élémentaires ». Dans lequel, enfin, pour une fois les deux hommes purent respirer profondément, plus profondément que jamais pendant toute la durée du voyage.
    Dans ce monde, ce qui est plus curieux, c’est que, dans l’espace large, il n’y avait que certaines toutes petites particules suspendues dans le vide, comme des étoiles. Heureusement, pour reconnaître ces toutes minuscules étoiles, les scientifiques appliquaient, de la même manière que pour les atomes, une petite étiquette identique pour chacune d'entre elles, par exemple, «proton», «électron», « photon » etc. Parmi ces particules, un petit noyau restait au milieu, aussi petit qu’un ballon de foot sur un terrain de football. Et toutes les autres petites particules tournaient autour de ce noyau, à la façon de notre système solaire.
    Après un moment d’admiration, les amis se préparèrent à entrer dans le noyau. Tout à coup, une alarme se mit à brusquement sonner. Une voix s’éleva et répéta : « Lieu réservé ! Interdiction d’entrer ! » 
    Les amis demeurèrent stupéfaits devant le noyau atomique et essayèrent de trouver la cause, mais en vain.
    L’expert leur expliqua plus tard que le noyau était un endroit extrêmement dangereux, qui était rempli d’énergie en très haute densité. Et cette énergie était déjà réservée à la fabrication des bombes H pour détruire le monde.
    Donc, pour cette raison militaire, le voyage à l’intérieur du vêtement de la Grande Personne prit fin dans le monde des particules élémentaires.
    L’expert expliqua qu'il n’y avait plus de moyen pour aller plus profondément dans cette époque dit l’époque moderne. Mais les amis ne le regrettait pas. Pour la grande personne, il n’y avait pas de choses nouvelles dans cette jolie aventure, toutes les choses curieuses à l’intérieur du vêtement avaient été découvertes par les scientifiques qui avaient même écrit beaucoup de livres sur ces sujets jusqu'à remplir pleinement des bibliothèques. Et pour le petit confucianiste, il n’était pas besoin d’aller plus loin, ce voyage inoubliable était suffisant pour trouver la vérité. Alors, ils étaient tous les deux satisfaits.
    Mai quelle vérité ?
    Où se trouvait la racine du ciel du vêtement ?

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